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Les enjeux et risques d'une fusion d'Alstom et Siemens Mobility
information fournie par Reuters 26/09/2017 à 14:49

    PARIS, 26 septembre (Reuters) - Siemens  SIEGn.DE  devrait 
choisir ce mardi de fusionner ses activités dans le secteur 
ferroviaire avec le français Alstom  ALSO.PA , et les conseils 
des deux groupes se réunissent dans l'après-midi pour examiner 
le dossier.  
    Voici en résumé la logique industrielle qui sous-tend ce 
possible rapprochement et les risques potentiels qu'il 
comporterait, sur la base des sources au fait du dossier 
contactées par Reuters : 
          
    LA HAUTE MAIN POUR SIEMENS ?  
    Siemens Mobility, la branche de matériel roulant et de 
signalisation ferroviaire de Siemens, devrait prendre 50% plus 
une action du groupe Alstom. L'entité combinée afficherait un 
chiffre d'affaires de quelque 15 milliards d'euros, pour mieux 
faire face à la concurrence du champion chinois CRRC  601766.SS  
qui s'est lancé dans une offensive mondiale pour rafler des 
parts de marché et affiche des revenus deux fois plus 
importants. 
     
    UNE FUSION ENTRE ÉGAUX ?  
    Les autorités françaises, qui plaident pour un tel 
rapprochement, insistent sur la nécessité d'une fusion 
"équilibrée". Dans le cadre des discussions actuelles, le 
président non exécutif de la future entité serait choisi par 
Siemens et le directeur général serait l'actuel président 
d'Alstom Henri Poupart-Lafarge, qui serait aussi administrateur. 
Le conseil compterait 11 membres, dont six nommés par Siemens. 
    Selon la presse, la nouvelle société aurait son siège en 
France.      
     
    LES DESSOUS POLITIQUES 
    Un accord entre Siemens et Alstom scellerait la première 
alliance franco-allemande depuis l'arrivée à l'Elysée d'Emmanuel 
Macron, qui milite pour une plus grande intégration économique 
européenne. Les opposants du chef de l'Etat, cependant, ont 
commencé à faire pression sur le gouvernement en critiquant la 
manière dont un nouveau "fleuron industriel français", et non 
des moindres puisque le TGV fabriqué par Alstom est de longue 
date une des fiertés françaises, passerait sous pavillon 
allemand.  
         
    LES REVENDICATIONS SYNDICALES 
    Siemens n'a pas d'usine en France, tandis qu'Alstom en a une 
en Allemagne. Alstom et Siemens négocient un accord sur le 
maintien de l'emploi pendant quatre ans, qui protégerait les 
salariés français d'Alstom. Suffira-t-il à juguler une 
éventuelle levée de boucliers politique et sociale en France ?  
    D'ores et déjà en alerte, des syndicats ont écrit à Emmanuel 
Macron la semaine dernière en lui demandant de clarifier sa 
stratégie pour Alstom. 
         
    L'ÉTAT FRANÇAIS SERA-T-IL ACTIONNAIRE ? 
    Le groupe Bouygues  BOUY.PA  détient 8,3% du capital 
d'Alstom et est propriétaire de 20% supplémentaires qu'il a 
prêtés à l'Etat français en 2014 pour faciliter la cession à 
General Electric  GE.N  des activités d'Alstom dans l'énergie. 
    L'Etat n'exercera pas son option d'achat sur ces 20% au prix 
du marché, qui expirera le 17 octobre, ont dit des sources à 
Reuters. Dans ce cas, Bouygues disposera de 28,3% du capital 
d'Alstom et en sera le premier actionnaire, mais il verra cette 
participation diluée de moitié dans le cadre d'un accord avec 
Siemens. 
 
    QUE FERA BOUYGUES DE SA PARTICIPATION ? 
    Bouygues est entré au capital d'Alstom en 2006 lors du 
sauvetage par l'Etat du spécialiste du ferroviaire. Depuis, 
Alstom est devenu un actif non stratégique pour Bouygues, 
conglomérat dont les activités sont centrées sur le BTP, les 
télécoms et les médias. Bouygues a cependant dit à plusieurs 
reprises qu'il ne sortirait pas d'Alstom à moins de 35 euros par 
action (le titre Alstom se traite à un peu plus de 33 euros 
actuellement). Mais il pourrait aussi conserver cet actif, du 
moins dans un premier temps. 
              
    LES QUESTIONS RÉGLEMENTAIRES DE CONCURRENCE  
    Une fusion entre Alstom et Siemens Mobility devra avoir le 
feu vert de la Commission européenne, ce qui pourrait impliquer 
des cessions d'actifs pour éviter des abus de position 
dominante.  
    Les autorités françaises ne sont pas inquiètes concernant 
ces questions anti-trust, un aspect que, selon les analystes de 
Barclays, le PDG d'Alstom Henri Poupart-Lafarge a cependant cité 
à plusieurs reprises comme un élément de préoccupation dans le 
cadre d'une consolidation européenne du secteur ferroviaire.  
     
 
 (Dominique Rodriguez pour le service français, édité par Marc 
Joanny) 
 

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1 commentaire

  • 26 septembre 16:30

    les 3 derniers président de la france ont été les fossoyeurs de l'industrie française. Il n'y a que les guerres militaires qui les intéressent


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